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Chapitre № 19 · 1977 – present

La religion de l’évasion

Le capital fossile savait. Son eschatologie est de la science-fiction, et son messie vend des voitures.

Irving, TexasExxon modelled it, 1977–82Cancer AlleyInside the fence lineStarbaseWhere the lifeboat is builtKyotoThe protocol lobbied againstThe SahelLeast responsible, most exposedBangladeshTuvaluLow-lyingRwandaA hundredth of an American’sPacific Ocean1 000 kmN
Atlas Où cela s’est passé. Who emitted, and who pays. The dots in Texas are where the modelling was done in the late 1970s and where the lifeboat is being built today; the regions are the places least responsible for the atmosphere’s composition and most exposed to it. Rwanda is on this map because its per-capita emissions are around a hundredth of an average American’s. Mars is not on this map, and that is the point of the chapter: there is no second panel.
Chronologie

Quand cela s’est passé

  1. 1896 Arrhenius works out the mechanism The physics has been understood for well over a century.
  2. 1977–82 Exxon models it accurately Between 63 and 83 per cent of its internal projections proved consistent with what followed, as good as or better than the academic models of the time.
  3. 1997 Kyoto Lobbied against by a coalition whose own technical advisers were telling it the science was well established.
  4. 1998 The API communications plan Its stated measure of victory: that average citizens and the media come to recognise uncertainties in climate science.
  5. from 2004 The carbon footprint Popularised by an advertising campaign run for BP, complete with a personal calculator. It turns a question about production into a question about your commute.
  6. 2009 Phoenix finds perchlorates Around 0.5 per cent by weight in Martian soil, and strongly bactericidal under Mars-like ultraviolet.
  7. 2013 Curiosity measures the dose; the Hyperloop paper Roughly one sievert for a round trip with 500 days on the surface. Twelve years later there is no Hyperloop.
  8. 2014 Carbon Majors The majority of industrial greenhouse gas emissions since 1988 attributed to a hundred fossil fuel producers.
  9. from 2016 Full self-driving, imminent Including a specific promise of a coast-to-coast autonomous drive by the end of 2017.
  10. 2018 Terraforming, inventoried Releasing every accessible CO₂ reservoir on Mars would still leave pressure well under a tenth of Earth’s. Not possible with present-day technology.
  11. 2023 The projections, reanalysed And Oxfam finds the richest one per cent responsible for as much emission as the poorest two-thirds.
Not a case of collective human short-sightedness. A case of specific firms knowing, and buying doubt, and then, when the bill came due, selling tickets off the planet. Every date on the right-hand side of this list is a promise; none of them has been kept.

Les termes signalés portent une définition courte: survolez, ou touchez sur écran tactile.

« Il n'y a pas de planète B. »

— un slogan de manifestation, et, malheureusement, un énoncé exact de la physique

Toutes les religions de cette chronique ont eu les trois mêmes composantes : un récit expliquant pourquoi l'ordre présent est légitime, un messie, et une eschatologie, c'est-à-dire un récit de la manière dont tout finit et de qui est sauvé. Le système qui organise aujourd'hui la planète possède les trois, et ce chapitre les prend dans l'ordre.

Le récit légitimant est que les marchés répartissent avec justice et que la richesse se mérite. L'eschatologie relève de la science-fiction : une fuite d'une Terre épuisée vers d'autres mondes. Et le messie, pendant une décennie environ, fut un homme qui vend des voitures.

Ils savaient

Commençons par le fait qui tranche la question morale, car il est documentaire plutôt qu'interprétatif.

Les propres scientifiques d'Exxon ont modélisé le réchauffement climatique avec exactitude à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Non pas vaguement ; avec exactitude. Une étude parue en 2023 dans Science, signée Geoffrey Supran, Stefan Rahmstorf et Naomi Oreskes, a numérisé et réanalysé les graphiques internes de l'entreprise et rapporté qu'entre 63 et 83 pour cent de leurs projections étaient compatibles avec les observations ultérieures, avec un réchauffement projeté moyen d'environ 0,20 °C par décennie, aussi bon ou meilleur que les modèles universitaires et gouvernementaux de la même époque. Des documents internes montrent également l'entreprise rejetant à juste titre l'idée d'un âge glaciaire à venir et estimant correctement le budget carbone.1

Ce que l'industrie a ensuite fait de ce savoir est tout aussi documenté. La a fait campagne contre le protocole de Kyoto alors que ses propres conseillers techniques lui disaient que la science était bien établie. Une note de l'American Petroleum Institute datée de 1998 (le « Global Climate Science Communications Plan ») exposait une stratégie explicite dont la mesure du succès affichée était que les citoyens ordinaires et les médias en viennent à reconnaître des incertitudes dans la science du climat. Les travaux de Robert Brulle ont retracé le financement du contre-mouvement à travers fondations et associations professionnelles.2

Il ne s'agit pas d'un cas de myopie humaine collective. Il s'agit d'un cas d'entreprises précises qui savaient, et qui ont acheté du doute.

Une raffinerie de pétrole la nuit, torchères allumées
Torchères de raffinerie, Louisiane. Les communautés qui vivent à l'intérieur du périmètre des corridors pétrochimiques américains (le tronçon du bas Mississippi connu sous le nom de Cancer Alley en est le cas le mieux étudié) sont très majoritairement pauvres et noires. Les coûts du système retombent là où le chapitre 8 prédit qu'ils retomberont.Shannon Dosemagen · Wikimedia Commons · CC BY-SA 2.0

« Anthropique » est vrai. « Nous l'avons tous fait » ne l'est pas.

Deux affirmations sont souvent confondues et doivent être séparées.

Le changement climatique est causé par l'activité humaine. C'est de la physique établie et cette chronique ne le conteste pas un instant. La signature isotopique du carbone ajouté l'identifie comme d'origine fossile ; le mécanisme est compris depuis Arrhenius en 1896.

« L'humanité » n'en est pas moins la mauvaise unité de responsabilité, et la traiter comme la bonne constitue en soi une réussite idéologique. La répartition est extraordinairement inégale :

  • Par producteur. Les travaux attribuent la majorité des émissions industrielles de gaz à effet de serre depuis 1988 à une centaine de producteurs d'énergies fossiles.3
  • Par nation, en cumulé. Les États-Unis sont responsables d'environ un quart de toutes les émissions historiques de CO₂ et l'UE de quelque chose comme un sixième, tandis que l'ensemble du continent africain (environ 18 pour cent de la population mondiale) en représente un pourcentage à un seul chiffre, bas.
  • Par classe. L'analyse d'Oxfam établit que le pour cent le plus riche de l'humanité est responsable d'autant d'émissions que les deux tiers les plus pauvres. Un seul superyacht ou le programme de vol d'un jet privé peut dépasser les émissions de toute une vie de nombreuses personnes.
  • Et les dommages vont dans le sens inverse. Les pays les moins responsables sont, avec une constance sinistre, les plus exposés : le Sahel, la Corne de l'Afrique, le Bangladesh de basse altitude, les petits États insulaires. Les émissions par habitant du Rwanda représentent environ un centième de celles d'un Américain moyen.

Il existe même une origine documentée du cadrage qui dilue la faute. La notion d'« empreinte carbone » personnelle a été popularisée par une vaste campagne publicitaire menée pour BP au milieu des années 2000, calculateur d'empreinte personnelle compris. C'est un travail très efficace : il transforme une question de production et de politique publique en une question sur votre trajet domicile-travail.4

La formulation correcte n'est donc pas que le changement climatique est naturel, ni que tout le monde est également coupable. Elle est que le changement climatique est l'expression atmosphérique du système de castes mondial que cette chronique décrit depuis le chapitre 8 : les mêmes quelques-uns qui extraient, les mêmes nombreux qui paient.

L'eschatologie

Tout ordre extractif finit par avoir besoin d'une réponse à la question de ce qui arrive quand l'extraction s'épuise. La réponse actuellement proposée est que nous partirons.

Elon Musk avance cette thèse dans sa forme la plus forte depuis deux décennies : l'humanité doit être une espèce multiplanétaire, Mars est la cible, et l'objectif est une cité autosuffisante d'un million d'habitants. L'argumentaire est explicitement eschatologique : une sauvegarde de la conscience, un canot de sauvetage, une lumière contre la longue nuit.

Prenons-le assez au sérieux pour vérifier les chiffres, car la physique n'est pas près du compte.

Panorama de la surface martienne pris par le rover Curiosity : désert rocheux et rouge sous un ciel pâle
Le cratère Gale, sur Mars, photographié par Curiosity. Température moyenne de surface d'environ −63 °C. Pression atmosphérique d'environ 6 millibars, moins d'un pour cent de celle de la Terre, et en deçà de la limite d'Armstrong, à laquelle l'eau bout à la température du corps. Pas d'air respirable, pas de champ magnétique, pas d'eau liquide en surface.NASA/JPL-Caltech/MSSS · public domain

Pourquoi Mars n'est pas un canot de sauvetage

Le rayonnement. Mars n'a pas de champ magnétique global et presque pas d'atmosphère, si bien que la surface est exposée aux rayons cosmiques galactiques et aux événements à particules solaires. Le détecteur de rayonnement de la mission Curiosity a mesuré la dose pendant la croisière et à la surface, et le total estimé pour un aller-retour comportant environ 500 jours à la surface atteint approximativement 1 , une fraction substantielle des limites de carrière retenues par les agences spatiales, voire davantage, et une augmentation appréciable du risque de cancer sur la vie entière. Un blindage est possible mais lourd : les propositions sérieuses impliquent de vivre sous des mètres de régolithe ou à l'intérieur de tubes de lave, c'est-à-dire de vivre dans un trou.5

Le sol est toxique. L'atterrisseur Phoenix a trouvé des à environ 0,5 pour cent en masse dans le sol martien. Le perchlorate perturbe la captation de l'iode par la thyroïde chez l'humain ; et des travaux de laboratoire ont montré que, sous un flux ultraviolet semblable à celui de Mars, les perchlorates deviennent fortement bactéricides, ce qui est une mauvaise nouvelle tant pour la santé des astronautes que pour tout espoir d'agriculture simple dans le sol natif.6

La poussière. Fine, s'accrochant par électrostatique, et chimiquement réactive ; l'expérience d'Apollo avec la poussière lunaire dans la cabine était déjà alarmante, et Mars y ajoute des perchlorates et une saison de tempêtes de poussière à l'échelle de la planète.

La terraformation n'est pas disponible. Une analyse parue en 2018 dans Nature Astronomy, signée Bruce Jakosky et Christopher Edwards, a inventorié tous les réservoirs de CO₂ accessibles sur Mars (calottes polaires, adsorbé dans le régolithe, piégé dans les carbonates), et a conclu que libérer l'ensemble porterait la pression atmosphérique à bien moins d'un dixième de celle de la Terre : très loin de ce qu'il faudrait pour réchauffer la planète ou permettre l'eau liquide en surface. Leur conclusion était brutale : la terraformation de Mars n'est pas possible avec les technologies actuelles.7

Et nous ignorons si les humains peuvent s'y reproduire. C'est le point qui devrait clore la discussion et qui est rarement soulevé. La gravité de surface de Mars est de 0,38 g. Aucune grossesse de mammifère n'a jamais été menée à terme en gravité partielle, et il n'existe nulle part d'installation capable de le tester ; aucune station de recherche à gravité variable n'existe. Ce que nous savons de la microgravité n'est pas encourageant : perte osseuse de l'ordre de un à un et demi pour cent par mois, atrophie musculaire, dérèglement immunitaire, et un syndrome de troubles de la vision et de pression intracrânienne touchant une majorité des équipages de longue durée. Le développement est extrêmement sensible à la gravité : formation vestibulaire, minéralisation osseuse, répartition des fluides chez un fœtus. Une colonie qui ne peut pas avoir d'enfants n'est pas une colonie. C'est une expédition.8

Mettons tout cela en regard de ceci : après toute catastrophe concevable sur Terre (échange nucléaire total, réchauffement dans le pire des cas, impact d'astéroïde) la surface de cette planète aurait encore de l'air respirable, de l'eau liquide, un champ magnétique, 1 g, et une biosphère. La Terre post-catastrophe est plus habitable que Mars dans son meilleur jour, et de très loin. Comme canot de sauvetage, Mars est strictement pire que le navire.

Là où ce chapitre se dispute avec lui-même

La thèse de la colonisation spatiale n'est pas stupide, et ses défenseurs répondent à une partie de tout cela. Robert Zubrin soutient que les doses de rayonnement sont survivables avec un blindage et une tolérance au risque acceptable, que les perchlorates peuvent être lessivés du sol, et que l'exploitation des ressources in situ rend la logistique praticable. Les entreprises de Musk ont, quoi que l'on pense de l'homme, fait baisser les coûts de lancement d'un ordre de grandeur et rétabli des capacités qui s'étaient perdues ; c'est une véritable prouesse d'ingénierie au bénéfice scientifique réel, et il en va de même de l'industrie du véhicule électrique qu'il a contribué à faire naître.

L'objection de la chronique ne vise pas l'exploration spatiale, qui est magnifique, ni la science robotique, qui compte parmi les meilleures choses que fasse notre espèce. Elle vise l'usage de la colonisation comme eschatologie : une promesse qui rend émotionnellement possible de ne pas régler le problème ici. Et elle vise l'arithmétique. Un million de personnes sur Mars, si c'était possible, représenterait environ quatre jours de croissance de la population mondiale. Cela ne sauve personne.

Le messie

Les prophètes doivent être jugés sur leurs prophéties, voici donc le bilan.

L'Hyperloop. Musk a publié en 2013 un document de conception « alpha » pour un système de transport en tube sous vide entre Los Angeles et San Francisco, a affirmé qu'il pourrait être construit pour une fraction du coût du projet de train à grande vitesse californien, et ne l'a jamais construit. Son biographe Ashlee Vance rapporte que Musk a reconnu qu'une partie de la motivation était de faire dérailler le programme de train à grande vitesse, qu'il jugeait dispendieux. Douze ans plus tard, il n'y a pas d'Hyperloop ; l'entreprise la mieux financée qui le poursuivait a fermé fin 2023 ; le projet de démonstration de la Boring Company à Las Vegas est un tunnel dans lequel roulent des voitures, avec des conducteurs humains.9

La conduite entièrement autonome. Promise comme imminente, publiquement et à répétition, à partir de 2016, y compris l'affirmation précise qu'une voiture se conduirait elle-même d'une côte à l'autre avant la fin de 2017. Cela n'a pas eu lieu.

Les dates martiennes. L'échéance d'un premier atterrissage habité a été reformulée bien des fois, reculant chaque fois d'à peu près l'intervalle écoulé.

Sur le plan politique, le bilan est également public. Musk a grandi dans l'Afrique du Sud de l'apartheid ; son grand-père maternel, Joshua Haldeman, était un militant politique canadien qui a installé sa famille en Afrique du Sud en 1950 (l'année suivant le début de la législation de l'apartheid par le Parti national), et dont les écrits publiés ont été examinés par des historiens et des journalistes et jugés contenir du matériel conspirationniste et antisémite. En novembre 2023, Musk a publiquement approuvé un message reprenant la thèse du « grand remplacement » selon laquelle les communautés juives promeuvent la haine contre les Blancs, la qualifiant de vérité même ; un exode massif d'annonceurs a suivi, et il a plus tard qualifié ce message du plus stupide qu'il ait jamais publié. Il a relayé à plusieurs reprises des statistiques raciales associées à des comptes d'extrême droite, et s'est servi de sa propriété d'une grande plateforme pour rétablir des comptes précédemment supprimés pour contenu raciste.10

La chronique l'énonce parce que l'argument du chapitre l'exige : l'homme qui vend à l'humanité un canot de sauvetage a, publiquement et de manière avérée, une idée précise et étroite de qui s'y trouve.

Une fusée Starship de SpaceX s'allumant au décollage
Starship. La plus grande fusée jamais lancée, et une véritable prouesse d'ingénierie. C'est aussi l'objet physique qui tient lieu d'une promesse que la physique ne soutient pas.Steve Jurvetson · Wikimedia Commons · CC BY 2.0

À quoi sert la promesse

Comparez les structures et la ressemblance est exacte.

Dispensationalisme chrétien (ch. 17)L'eschatologie de la fuite
Ce monde est déchu et sera détruitLa Terre est épuisée, ou le sera
Les élus sont enlevés avant la tribulationLes fondateurs et leurs équipages partent pour Mars
Les tentatives d'amélioration terrestre sont vaines, voire suspectesLa redistribution et la réglementation freinent la mission
Une date est annoncée à répétition et repoussée à répétitionLa date de l'atterrissage recule à chaque reformulation
Le croyant est absous de sa responsabilité envers le mondeLe milliardaire est absous de sa responsabilité envers le monde

Toutes deux servent à rendre le présent supportable à ceux qui en profitent. Toutes deux détournent l'énergie de la réparation. Toutes deux présentent leurs dirigeants comme des visionnaires plutôt que comme des bénéficiaires. Et toutes deux sont, en définitive, la frontière du chapitre 1 poussée à son extension maximale : une communauté morale qui a tracé sa ligne si étroitement qu'elle exclut désormais non seulement les autres peuples mais la planète elle-même.

Le seul monde habitable que nous ayons est saccagé par un groupe de personnes précis, identifiable et plutôt restreint, qui savait ce qu'il faisait, qui a été extraordinairement bien payé pour cela, et qui vend maintenant des billets pour en partir. C'est le dernier chapitre de l'argument qui a commencé sur une plage portugaise en 1444.

Deux questions demeurent avant que cet arc puisse se refermer. Les billets se vendent le long d'une frontière que cette chronique a vue se redessiner pendant cinq siècles ; le chapitre 20 suit les rénovations de cette frontière jusqu'à la doctrine que le vendeur lui-même a approuvée. Et un système aussi coordonné exige de savoir qui le coordonne ; le chapitre 21 répond, et la réponse est personne. Puis la chronique se tourne vers un petit pays que tout cela a laminé, et vers ce qu'il a fait depuis.

Notes

  1. G. Supran, S. Rahmstorf et N. Oreskes, "Assessing ExxonMobil's global warming projections," Science 379:6628 (2023), eabk0063 ; Neela Banerjee, Lisa Song et David Hasemyer, "Exxon: The Road Not Taken," InsideClimate News (2015). ↩
  2. American Petroleum Institute, "Global Climate Science Communications Plan" (1998), reproduit par la National Security Archive et cité dans le New York Times, 26 avril 1998 ; Robert J. Brulle, "Institutionalizing delay: foundation funding and the creation of U.S. climate change counter-movement organizations," Climatic Change 122 (2014), p. 681–694 ; Naomi Oreskes et Erik Conway, Merchants of Doubt (New York : Bloomsbury, 2010). ↩
  3. Richard Heede, "Tracing anthropogenic carbon dioxide and methane emissions to fossil fuel and cement producers, 1854–2010," Climatic Change 122 (2014), p. 229–241, et les bases de données Carbon Majors ultérieures. ↩
  4. Sur la campagne de BP, Mark Kaufman, "The carbon footprint sham," Mashable (2020), et les documents de campagne eux-mêmes, réalisés par Ogilvy & Mather à partir de 2004. Sur l'analyse distributive, Oxfam, Climate Equality: A Planet for the 99% (2023) ; Lucas Chancel, "Global carbon inequality over 1990–2019," Nature Sustainability 5 (2022), p. 931–938. ↩
  5. C. Zeitlin et al., "Measurements of Energetic Particle Radiation in Transit to Mars on the Mars Science Laboratory," Science 340 (2013), p. 1080–1084 ; D. M. Hassler et al., "Mars' Surface Radiation Environment Measured with the Curiosity Rover's RAD," Science 343 (2014), 1244797. ↩
  6. M. H. Hecht et al., "Detection of Perchlorate and the Soluble Chemistry of Martian Soil at the Phoenix Lander Site," Science 325 (2009), p. 64–67 ; Jennifer Wadsworth et Charles S. Cockell, "Perchlorates on Mars enhance the bacteriocidal effects of UV light," Scientific Reports 7 (2017), 4662. ↩
  7. Bruce M. Jakosky et Christopher S. Edwards, "Inventory of CO₂ available for terraforming Mars," Nature Astronomy 2 (2018), p. 634–639. ↩
  8. Sur la perte osseuse et musculaire, Jean D. Sibonga et al., dans les rapports de synthèse du NASA Human Research Program ; sur le syndrome neuro-oculaire, T. H. Mader et al., Ophthalmology 118:10 (2011), p. 2058–2069. Sur l'absence de données reproductives en gravité partielle, voir le Decadal Survey on Biological and Physical Sciences Research in Space 2023–2032 des National Academies, qui l'identifie comme une question ouverte et non traitée. ↩
  9. Ashlee Vance, Elon Musk: Tesla, SpaceX, and the Quest for a Fantastic Future (New York : Ecco, 2015), sur les origines et la motivation de l'Hyperloop. ↩
  10. Sur Haldeman, les reportages et conférences de Jill Lepore sur la famille Musk et le mouvement Technocracy, et Chris McGreal, "Elon Musk's grandfather," The Guardian, 2 mars 2023. Sur le message de novembre 2023, les reportages contemporains du Washington Post, du Financial Times et les retraits d'annonceurs qui ont suivi. ↩
Personnages

Qui était impliqué

  1. Factions

    ExxonMobil

    the modelling: 1977–1982 Oil major; in-house climate modeller

    Knowing, and buying doubt

    Its own scientists modelled global warming accurately — not vaguely, accurately. A 2023 reanalysis of the internal graphs found between 63 and 83 per cent of the projections consistent with subsequent observation, averaging about 0.20 °C per decade, as good as or better than the academic and government models of the day. The internal documents also correctly reject the coming-ice-age idea and correctly estimate the carbon budget.

    Supran, Rahmstorf & Oreskes, Science 379 (2023)

  2. Factions

    The American Petroleum Institute

    the plan: 1998 Trade association

    Manufactured uncertainty

    Its 1998 Global Climate Science Communications Plan set out a strategy whose stated measure of victory was that average citizens and the media would come to recognise uncertainties in climate science. Not to believe the science was wrong — to believe it was unsettled. That is a much cheaper objective, and it worked for twenty-five years.

    API, "Global Climate Science Communications Plan" (1998)

  3. Figures

    Naomi Oreskes

    b. 1958 Historian of science

    The paper trail

    Merchants of Doubt traced the same handful of scientists and public relations firms from tobacco to acid rain to ozone to climate, running the same playbook each time. Her later work with Supran and Rahmstorf did the arithmetic on Exxon’s own graphs. The finding that settles the moral question is documentary rather than interpretive: they knew, and the doubt was purchased.

    Oreskes & Conway, Merchants of Doubt (2010)

  4. Figures

    Richard Heede

    b. 1953 Researcher; author of the Carbon Majors work

    Attribution, by producer

    He worked out how to attribute industrial greenhouse gas emissions to the firms that extracted the carbon, and found that a hundred producers account for the majority of them since 1988. "Humanity" is the wrong unit of responsibility, and treating it as the right one is itself an ideological achievement.

    Heede, Climatic Change 122 (2014)

  5. Factions

    BP

    formerly the Anglo-Iranian Oil Company

    1909 – present Oil major

    Your commute, not their production

    The same company whose refusal to open its books to Iran in 1951 led to the coup of 1953 later gave the world the personal carbon footprint, popularised through a large advertising campaign from 2004 complete with an online calculator. It is a very effective piece of work: it converts a question about production and policy into a question about how you get to work.

  6. Figures

    Elon Musk

    b. 1971 Founder of SpaceX and Tesla

    The lifeboat

    The pitch is explicitly eschatological: a backup for consciousness, a light against the long dark, a self-sustaining city of a million people on Mars. The prophecies are checkable. There is no Hyperloop; the coast-to-coast self-driving car promised for 2017 did not arrive; the Mars landing date has receded by roughly each elapsed interval. A million people on Mars, were it possible, would be about four days of global population growth. It saves nobody.

    Vance, Elon Musk (2015)

  7. Figures

    Robert Zubrin

    b. 1952 Aerospace engineer; advocate of Mars settlement

    The case answered on its merits

    He is here because the space-settlement case is not stupid and deserves its best advocate: radiation doses survivable with shielding and an honest risk tolerance, perchlorates washable out of soil, in-situ resource use making the logistics tractable. The objection this chronicle makes is not to exploration, which is magnificent. It is to settlement used as an eschatology, a promise that makes it emotionally possible not to fix the problem here.

    Zubrin, The Case for Mars (1996)

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