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Chapitre № 06 · 140 – 451 CE

Canon et hérésie

Qui a décidé quels évangiles étaient Écriture, et ce que croyait le camp des vaincus.

SinopeMarcion, shipowner and first canon-makerRomeMarcion expelled c. 144; his money returnedLyonsIrenaeus: four gospels, no more and no fewerCarthageTertullian; council of 397AlexandriaAthanasius’s festal letter, 367Nag HammadiThirteen codices in a jar; opened 1945Ephesus431 — the Church of the East splitsChalcedon451 — a schism still openAksumChristian since the fourth century1 000 kmN
Atlas Où cela s’est passé. Where the list was argued over, and where the losers’ books survived. Every named place north of the Sahara is a point in the process: Marcion out of Sinope, Irenaeus at Lyons arguing for four gospels from the number of the winds, Athanasius at Alexandria issuing the first list identical to ours. Nag Hammadi is the exception that makes the method visible: a jar in a cliff face, buried at roughly the moment holding the wrong books became dangerous. And Aksum is on this map to make one point: Ethiopia was Christian before northern Europe was, and was defined as outside the settlement anyway.
Chronologie

Quand cela s’est passé

  1. c. 144 Marcion expelled from Rome Two gods, no Old Testament, and the first definite Christian canon.
  2. c. 180 Irenaeus argues for four gospels From the four winds and the four corners of the earth.
  3. c. 170–200 The Muratorian fragment A working list: most of our books, no Hebrews, and an apocalypse of Peter that did not last.
  4. 325 Nicaea condemns Arius Orthodoxy becomes something a palace can enforce.
  5. 367 Athanasius’s festal letter The first list identical to ours, and an instruction to reject the rest.
  6. 393 and 397 Hippo and Carthage ratify it for the West The eastern churches went on disagreeing about Revelation for centuries.
  7. c. 400 The Nag Hammadi codices buried Some monks near the Pachomian houses appear to have chosen to bury rather than burn.
  8. 431 Ephesus: the Church of the East splits off
  9. 451 Chalcedon The Coptic, Syriac, Armenian and Ethiopian churches reject the definition and leave.
Not a council, and not at once. The core was settled by inertia (what got read aloud in the big sees), and the edges by argument, then by decree, in an era when the losing side could be exiled by the state. The Nag Hammadi codices were buried at the end of this sequence and opened by farmers digging for fertiliser in December 1945.

Les termes signalés portent une définition courte: survolez, ou touchez sur écran tactile.

« Il n'est pas possible que les évangiles soient en nombre plus grand ni plus petit qu'ils ne sont. »

— Irénée de Lyon, v. 180 apr. J.-C., plaidant pour quatre parce qu'il y a quatre vents et quatre coins de la terre

Pendant les trois premiers siècles environ du christianisme, il n'y eut pas de Nouveau Testament. Il y avait des lettres, des évangiles, des apocalypses, des actes et des manuels, circulant de façon inégale, estimés différemment selon les villes, copiés à la main et altérés à mesure qu'on les copiait. Il n'existait ni liste convenue, ni texte convenu, ni autorité capable d'en imposer un.

Le livre qui en est finalement issu n'est pas une découverte. C'est une sélection, opérée au fil des siècles, au cours de querelles féroces, par des gens ayant des intérêts institutionnels, et arrêtée à une époque où le camp perdant pouvait être exilé par l'État. Ce chapitre traite de la manière dont cette sélection s'est faite, de ce qu'elle a exclu, et des raisons pour lesquelles ces exclusions importent à tout ce qui suit.

Marcion impose la question

La première personne connue pour avoir produit un chrétien défini fut, selon les critères qui prévalurent plus tard, un hérétique.

Vers 144 apr. J.-C., Marcion de Sinope (un riche armateur, donateur important de l'Église de Rome jusqu'à ce qu'il en fût expulsé et son argent restitué) conclut que le Dieu de la Bible hébraïque et le Père de Jésus n'étaient pas le même être. Le premier était le créateur de ce monde matériel défectueux, légaliste et violent ; le second, un Dieu de miséricorde jusque-là inconnu qui avait envoyé Jésus pour arracher les hommes au premier. Marcion rejeta donc entièrement l'Ancien Testament et produisit une écriture composée d'un évangile de Luc remanié et de dix lettres de Paul, expurgés de ce qu'il tenait pour des interpolations judaïsantes.1

Les Églises de Marcion se répandirent à travers l'empire et durèrent des siècles. Et la réponse du courant dominant (Irénée, Tertullien et d'autres, soutenant que le Dieu d'Israël est le Père, que les Écritures hébraïques sont des Écritures chrétiennes, et qu'il existe un ensemble défini d'écrits authentiques) a beaucoup contribué à produire le canon que nous avons. Un courant sérieux de la recherche soutient que le canon orthodoxe existe sous la forme qu'on lui connaît en bonne part parce que Marcion en avait fait un le premier.2

Les christianismes qui ont perdu

Le christianisme des deuxième et troisième siècles était un champ d'options vivantes, non un tronc unique doté de quelques branches :

  • Les ébionites et d'autres judéo-chrétiens (chapitre 4) : Jésus comme messie humain, la toujours contraignante, Paul un apostat.
  • Les marcionites : deux dieux, pas d'Ancien Testament, un Christ qui n'est pas vraiment né d'une femme.
  • Les valentiniens et d'autres groupes ultérieurement rangés ensemble sous l'étiquette « gnostiques » : une cosmologie élaborée où le monde matériel est l'œuvre ratée d'une divinité inférieure et où le salut vient par la gnose, la connaissance de sa véritable origine.
  • Les montanistes : prophétie continue, parole extatique, discipline rigoureuse et (fait notable) des femmes comme prophétesses et dirigeantes. Tertullien, le plus redoutable théologien latin de sa génération, se joignit à eux.
  • Les donatistes (chapitre 5) : Église majoritaire en Afrique du Nord pendant un temps, tenant que le clergé qui avait collaboré durant la persécution avait perdu sa charge.
  • Les ariens : le Fils comme la plus haute créature de Dieu plutôt que coéternel à lui, position défendue, à certains moments du quatrième siècle, par la plupart des évêques de l'empire et par l'empereur.

Appeler cela des « déviations » est un anachronisme. Cela présuppose l'orthodoxie dont elles sont censées avoir dévié. La thèse classique de Walter Bauer (selon laquelle, dans plusieurs grandes villes, la forme de christianisme qui serait plus tard dite hérétique arriva la première et fut longtemps majoritaire) a été affinée et en partie critiquée, mais le tableau général d'une diversité initiale fait aujourd'hui autorité.3

Pourquoi nous le savons : un accident en Égypte

Nous connaissons ce que croyaient les perdants, dans leurs propres mots, pour un ensemble substantiel de textes, et par pure chance. En décembre 1945, près de , en Haute-Égypte, des paysans qui creusaient pour trouver de l'engrais ouvrirent une jarre scellée contenant treize codices de papyrus reliés en cuir, cinquante-deux textes en copte, enfouis vers la fin du quatrième siècle, très probablement parce que leur possession venait de devenir dangereuse.4

La trouvaille comprenait l'Évangile de Thomas complet, un recueil de 114 paroles sans nativité, sans miracles, sans passion et sans résurrection : rien que des paroles, dont beaucoup sont des variantes proches de celles de Matthieu et de Luc. Elle comprenait l'Évangile de Philippe, l'Apocryphon de Jean et l'Évangile de vérité. Avant 1945, tout ce que l'on savait de ces textes venait de ceux qui avaient écrit contre eux.

Un codex copte de papyrus relié en cuir, ouvert, provenant de la bibliothèque de Nag Hammadi
Codex II de Nag Hammadi, enfoui v. le 4e siècle, retrouvé en 1945. Il contient l'Évangile de Thomas, l'Évangile de Philippe et l'Apocryphon de Jean. Il a survécu parce que quelqu'un l'a caché dans une jarre au pied d'une falaise, à peu près au moment où l'empire rendait illégale la détention des mauvais livres.Wikimedia Commons · public domain

C'est là le point de méthode de ce chapitre, et il vaut pour tous les chapitres ultérieurs de cette chronique. Le dossier n'est pas ce qui s'est passé. Le dossier est ce qui a survécu à ceux qui ont gagné, et ici nous pouvons mesurer l'écart, parce qu'une jarre au flanc d'une falaise a conservé un échantillon de ce qui devait être détruit. La lettre festale d'Athanase de 367, premier document à énumérer exactement nos vingt-sept livres du Nouveau Testament, enjoint aussi à ses lecteurs de rejeter les écrits apocryphes. Des moines des monastères pachômiens voisins semblent avoir choisi d'enfouir plutôt que de brûler.

Comment la liste s'est réellement faite

Pas par un concile, et pas d'un coup.

Par l'usage. Le mécanisme premier fut l'inertie : ce que l'on lisait à voix haute dans la liturgie des grands sièges épiscopaux. Les quatre évangiles et les principales lettres pauliniennes étaient de fait fixés à la fin du deuxième siècle, simplement parce que tout le monde s'en servait déjà.

Par des critères, appliqués avec souplesse. Les épreuves énoncées étaient la paternité apostolique, l'ancienneté, l'orthodoxie du contenu et l'acceptation large. Toutes quatre sont circulaires en pratique (l'orthodoxie du contenu signifie l'accord avec ce que les juges croient déjà), et les attributions étaient souvent fausses. La plupart des spécialistes critiques tiennent que les évangiles étaient à l'origine anonymes et reçurent leurs noms apostoliques au deuxième siècle, et que plusieurs lettres portant le nom de Paul furent écrites par d'autres après sa mort.5

Par l'argument. Irénée insista vers 180 sur quatre évangiles, ni plus ni moins, et donna l'argument cité en tête de ce chapitre, un argument tiré du nombre des vents. Le fragment de Muratori, une liste latine mutilée que l'on date d'ordinaire des environs de 170-200 (bien qu'une minorité plaide pour le quatrième siècle), comprend la plupart de nos livres, omet l'épître aux Hébreux et les lettres de Pierre, et inclut sans façon une de Pierre qui n'a pas été retenue.6

Par décret, à la fin. La lettre d'Athanase de 367 donne la première liste identique à la nôtre ; les conciles nord-africains d'Hippone (393) et de Carthage (397) la ratifièrent pour l'Occident. Même alors, les Églises d'Orient restèrent en désaccord pendant des siècles au sujet de l'Apocalypse, et les traditions syriaque et éthiopienne conservent aujourd'hui encore des canons différents. Il n'y a jamais eu une seule Bible chrétienne.

Une page du fragment de Muratori, ancienne liste latine des écrits chrétiens reçus
Le fragment de Muratori. Une liste ancienne de ce qu'une assemblée peut lire publiquement. C'est un document de travail pris au milieu du processus : des livres dedans, d'autres dehors, certains (comme le Pasteur d'Hermas) autorisés en privé mais non à l'église.Wikimedia Commons · public domain

Le texte à l'intérieur de la liste a bougé lui aussi

Choisir les livres n'était que la moitié de l'affaire. Les livres eux-mêmes furent copiés à la main pendant quatorze siècles, et ils ont changé. Il y a plus de variantes textuelles entre les manuscrits du Nouveau Testament qu'il n'y a de mots dans le Nouveau Testament, l'immense majorité insignifiantes, mais pas toutes.7 Trois exemples comptent :

  • La fin de Marc. Les manuscrits les plus anciens et les meilleurs s'achèvent en 16,8, les femmes fuyant un tombeau vide et n'en parlant à personne. Les douze versets d'apparitions du ressuscité qui suivent dans la plupart des bibles (y compris les promesses concernant la manipulation des serpents et l'ingestion de poison) sont un ajout tardif.
  • La femme adultère (Jean 7,53–8,11), l'un des passages les plus cités des évangiles, est absente des plus anciens manuscrits et flotte d'un emplacement à l'autre dans ceux qui la comportent.
  • Le comma johannique (1 Jean 5,7-8), l'énoncé le plus clair de la Trinité dans toute la Bible, ne figure dans aucun manuscrit grec antérieur au quatorzième siècle. Il est entré dans la Bible imprimée par Érasme, et de là dans la version du roi Jacques. C'est un faux, et il fut pendant des siècles le texte-preuve de la doctrine.

Chalcédoine, et les Églises qui sont sorties

Les règlements doctrinaux n'ont pas seulement tranché des querelles ; ils ont brisé l'Église selon des lignes qui existent toujours. Le concile d'Éphèse en 431 détacha l'Église d'Orient, qui alla ensuite implanter des communautés jusqu'en Chine. Le concile de Chalcédoine en 451, définissant le Christ comme une personne en deux natures, fut rejeté par les Églises copte, syriaque, arménienne et éthiopienne, produisant un schisme aujourd'hui vieux de plus de quinze siècles.8

Voyez de quelles Églises il s'agit. Certaines des plus anciennes communautés chrétiennes continues de la terre (les Églises d'Égypte et d'Éthiopie parmi elles) furent définies comme extérieures au règlement impérial au cinquième siècle, et étaient encore traitées comme des chrétiens défectueux par les missionnaires européens mille ans plus tard. L'Éthiopie était chrétienne depuis le quatrième siècle, plus longtemps que n'importe quel pays d'Europe du Nord. Ce fait n'intéressa nullement les hommes du chapitre 10 qui débarquèrent pour apporter l'Évangile à l'Afrique.

Là où ce chapitre se contredit

Deux choses que ce chapitre ne dit pas. Il ne dit pas que les textes gnostiques étaient une vérité étouffée : la plupart sont postérieurs aux évangiles canoniques, plusieurs sont manifestement des compositions du deuxième siècle, et leur cosmologie n'est pas un guide évidemment meilleur vers un Galiléen du premier siècle que ne l'est Marc. Il ne dit pas que le canon fut arbitraire ; le noyau était fixé par l'usage bien avant tout concile, et les quatre évangiles sont réellement les plus anciens récits substantiels dont nous disposions. L'affirmation est plus étroite et plus difficile à esquiver : la sélection fut faite par des institutions humaines sous pression politique, les critères étaient circulaires, les attributions souvent fausses, le texte lui-même n'a cessé de changer, et les livres des perdants furent détruits. Quoi qu'ait été ce processus par ailleurs, il ne fut pas la remise d'un livre achevé.

Pourquoi cela importe ici

Parce que le chapitre suivant demande ce qu'il y a réellement dans la chose ainsi assemblée, et parce qu'un texte produit de cette manière ne peut porter le poids qu'on lui a plus tard imposé. Lorsqu'un planteur du dix-septième siècle ouvrait sa Bible pour justifier la détention d'êtres humains comme propriété, il lisait une compilation dont le contenu avait été fixé par des évêques du quatrième siècle sous supervision impériale, dont les auteurs n'étaient dans plusieurs cas pas ceux qu'annonçait le titre, et dont le verset trinitaire le plus cité avait été inséré au Moyen Âge.

Il y trouva ce dont il avait besoin. C'est le chapitre 7.

Notes

  1. Tertullien, Against Marcion, est la source hostile la plus complète. Pour une étude moderne, Judith M. Lieu, Marcion and the Making of a Heretic (Cambridge : Cambridge University Press, 2015). ↩
  2. La forme forte de la thèse est celle d'Adolf von Harnack, Marcion: Das Evangelium vom fremden Gott (Leipzig, 1921) ; pour une évaluation critique, John Barton, Holy Writings, Sacred Text (Louisville : Westminster John Knox, 1997). ↩
  3. Walter Bauer, Orthodoxy and Heresy in Earliest Christianity (Philadelphie : Fortress, 1971 ; original allemand 1934) ; Bart D. Ehrman, Lost Christianities (Oxford, 2003). ↩
  4. James M. Robinson (dir.), The Nag Hammadi Library in English, 3e éd. (San Francisco : Harper, 1988), introduction ; Elaine Pagels, The Gnostic Gospels (New York : Random House, 1979). ↩
  5. Sur l'anonymat des évangiles, Armin D. Baum et d'autres contestent l'opinion majoritaire ; pour la position majoritaire, voir Bart D. Ehrman, Forged (New York : HarperOne, 2011), et Raymond E. Brown, An Introduction to the New Testament (New York : Doubleday, 1997). ↩
  6. Bruce M. Metzger, The Canon of the New Testament (Oxford : Clarendon, 1987), p. 191–201 ; pour la minorité partisane d'une datation tardive, Albert C. Sundberg Jr., "Canon Muratori: A Fourth-Century List," Harvard Theological Review 66 (1973), p. 1–41. ↩
  7. Bart D. Ehrman, Misquoting Jesus (San Francisco : HarperSanFrancisco, 2005) ; pour l'accent inverse selon lequel la plupart des variantes sont sans conséquence, Daniel B. Wallace (dir.), Revisiting the Corruption of the New Testament (Grand Rapids : Kregel, 2011). ↩
  8. John Anthony McGuckin, The Westminster Handbook to Patristic Theology (Louisville : Westminster John Knox, 2004), sur Éphèse et Chalcédoine et leurs conséquences institutionnelles. ↩
Personnages

Qui était impliqué

  1. Figures

    Marcion of Sinope

    c. 85 – c. 160 Shipowner; the first canon-maker

    Two gods, and no Old Testament

    A wealthy donor to the church at Rome until it expelled him and gave his money back. He concluded that the God of the Hebrew Bible and the Father of Jesus were different beings, and produced a scripture of one edited gospel and ten letters of Paul. His churches lasted for centuries, and a serious strand of scholarship holds that the orthodox canon has the shape it does substantially because he made one first.

    Lieu, Marcion and the Making of a Heretic (2015)

  2. Figures

    Irenaeus of Lyons

    c. 130 – c. 202 Bishop of Lugdunum; heresiologist

    Four gospels, no more and no fewer

    His argument for exactly four gospels was that there are four winds and four corners of the earth. It is worth quoting not to mock him but to show what the reasoning of the process actually looked like: the stated criteria (apostolic authorship, antiquity, orthodoxy of content, wide acceptance) are circular, because orthodoxy of content means agreement with what the judge already believes.

    Irenaeus, Against Heresies III.11.8

  3. Figures

    Tertullian

    c. 155 – c. 240 Latin theologian of Carthage

    Orthodoxy, until he joined the Montanists

    The most formidable Latin theologian of his generation, the man who did more than anyone to shape the vocabulary of Western Christianity, and the fullest hostile source on Marcion. He then joined the Montanists (continuing prophecy, ecstatic utterance, women as leaders), which is to say the boundary between orthodox and heretic was still porous enough for its chief defender to cross it.

    Tertullian, Against Marcion

  4. Factions

    The Valentinians

    later lumped in as "gnostics"

    second – fourth centuries A Christianity of insight

    The material world is a botched job

    An elaborate cosmology in which this world is the work of a lesser deity and salvation comes through gnosis, insight into one’s own true origin. Until 1945 everything known about them came from the men writing against them. Then farmers digging for fertiliser near Nag Hammadi opened a jar containing thirteen codices, and the losers could be read in their own words for the first time in sixteen centuries.

    Pagels, The Gnostic Gospels (1979)

  5. Factions

    The Montanists

    the New Prophecy

    from c. 165 Ecstatic prophecy and rigorous discipline

    The Spirit still speaks

    They held that prophecy had not stopped, practised ecstatic utterance, kept a hard discipline, and — the detail that mattered most to their opponents — had women as prophets and leaders. Calling them a deviation is an anachronism: it presumes the orthodoxy they are supposed to have deviated from, which in the second century did not yet exist as a settled thing.

    Bauer, Orthodoxy and Heresy in Earliest Christianity (1934)

  6. Figures

    Athanasius of Alexandria

    c. 296 – 373 Bishop of Alexandria

    Homoousios, and the list

    Exiled five separate times as the imperial line swung back and forth, which is the clearest single illustration of who was actually deciding doctrine in the fourth century. His festal letter of 367 gives the first list identical to our twenty-seven New Testament books, and instructs its readers to reject the apocryphal writings. Some monks near Nag Hammadi appear to have chosen to bury rather than burn.

    Athanasius, Festal Letter 39 (367)

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