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Chapitre № 07 · 50 CE – present

Une religion Frankenstein

Une Écriture assemblée, une divinité cousue de pièces, et pas une ligne qui interdise l’esclavage.

Select Parts of the Holy Bible, 1807JerusalemJudaean apocalyptic: the frameAlexandriaPhilo and the Logos: the metaphysicsNicaeaOusia, hypostasis, homoousiosRomeThe Holy Office, 1866CanterburyAnselm, 1098 — the cross as a feudal debtBaselErasmus, 1516LondonThe Slave Bible printed, 1807GermantownThe Quaker protest, 1688British West IndiesWhere the edited book was delivered2 500 kmN
Atlas Où cela s’est passé. A composite object, mapped by where its parts were fitted. The apocalyptic frame comes from Judaea, the metaphysics from Alexandria, the doctrine of God from two councils held under imperial supervision, the theory of the cross from a feudal archbishop at Canterbury, and the clearest trinitarian sentence in the Bible from a printing house in Basel. The arrow west is what the assembly was eventually used for: a Bible edited in London in 1807 for the enslaved of the British West Indies, with Exodus cut out and "slaves, obey your earthly masters" left in.
Chronologie

Quand cela s’est passé

  1. c. 50–60 Paul’s letters And, in the generation after him, the household codes inserted in his name.
  2. 325 Nicaea supplies the doctrine of God In Greek philosophical vocabulary. The word "Trinity" is not in the Bible.
  3. c. 340 The Council of Gangra Anathema on anyone who teaches a slave to withdraw from his master’s service.
  4. c. 426 Augustine, City of God XIX.15 Slavery unnatural, but God’s just arrangement in a fallen world. Serve faithfully.
  5. 1098 Anselm, Cur Deus Homo The crucifixion as satisfaction of an infinite debt of honour owed to an offended lord.
  6. 1516 Erasmus and the Johannine comma A verse in no Greek manuscript before the fourteenth century enters the printed Bible.
  7. 1688 The Germantown protest Four Quakers put the objection in writing. It takes another century and a half.
  8. 1807 The Slave Bible Nine-tenths of the Old Testament cut. Exodus gone. Ephesians 6:5 kept.
  9. 20 June 1866 The Holy Office on slavery Not at all contrary to the natural and divine law, a year after Appomattox.
  10. 1854 and 1950 The Immaculate Conception, then the Assumption The object is still being assembled inside living memory.
The assembly, and the use. The dates on the left are when each component was fitted; the ones clustered at the right are what the finished object was doing in the Atlantic. Note the Holy Office instruction of 1866, issued after the American Civil War, holding that slavery in its essential nature is not at all contrary to divine law.

Les termes signalés portent une définition courte: survolez, ou touchez sur écran tactile.

« Esclaves, obéissez à vos maîtres terrestres avec crainte et tremblement. »

— Éphésiens 6, 5. Quatorze siècles plus tard, ce verset figurait encore dans la Bible imprimée à l'usage des esclaves des Antilles britanniques. Le livre de l'Exode, non.

Ce chapitre avance deux affirmations. La première est que le christianisme est un objet composite, assemblé au fil des siècles à partir de matériaux incompatibles, et que les coutures sont visibles pour qui veut bien regarder. La seconde est celle qui importe pour le reste de cette chronique : nulle part dans les Écritures chrétiennes l'esclavage n'est interdit : ni dans la Loi, ni chez les prophètes, ni dans les paroles de Jésus, ni dans les lettres de Paul, ni dans aucun canon d'aucune Église à aucun moment avant que l'abolition ne soit obtenue par d'autres moyens.

La première affirmation est intéressante. La seconde est porteuse. Les chapitres 8, 9, 10 et 11 décrivent une opération qui exigeait la coopération morale d'une religion, et qui l'a obtenue, non pas en déformant le texte, mais en le lisant avec exactitude.

Les coutures

Démontez l'objet assemblé et les composants se laissent dater, et ils proviennent de lieux qui ne s'accordaient pas entre eux.

L'apocalyptique judéenne fournit le cadre : un Dieu unique, un jugement à venir, une des opprimés, la résurrection des corps. C'est la strate qu'ont décrite les chapitres 2 et 3, et c'est la plus ancienne.

La philosophie grecque fournit la métaphysique, et celle-ci ne s'ajuste pas au cadre. L'ouverture de Jean identifie le Christ au , terme issu de la pensée stoïcienne et judéo-hellénistique ; Philon d'Alexandrie l'employait depuis des décennies. L'âme immortelle et immatérielle qui monte au ciel à la mort est platonicienne ; l'image de la Bible hébraïque est le Shéol, une destination commune et ténébreuse, et celle du Nouveau Testament est la résurrection corporelle à la fin des temps. La plupart des chrétiens d'aujourd'hui tiennent, simultanément et sans s'en apercevoir, une doctrine grecque de l'âme et une doctrine juive de la résurrection, soit deux réponses différentes à la même question.1

Les conciles du IVe siècle fournissent la doctrine de Dieu. Le mot « Trinité » n'apparaît nulle part dans la Bible. Son vocabulaire technique (ousia, hypostasis, ) est une terminologie philosophique grecque, forgée à Nicée et à Constantinople sous supervision impériale, comme l'a décrit le chapitre 5. La phrase trinitaire la plus nette de la Bible, en 1 Jean 5, 7, est un faux médiéval entré dans le texte imprimé par l'entremise d'Érasme.

La féodalité médiévale fournit la théorie de la que la plupart des chrétiens occidentaux tiennent pour le sens même de la croix. Le Cur Deus Homo d'Anselme (1098) l'explique comme la d'une dette d'honneur infinie due à un seigneur offensé, argument qui se lit exactement pour ce qu'il est, une transaction féodale, écrite par un archevêque dans une société organisée autour de l'honneur, de la vassalité et de la compensation. Ce n'est pas la seule théorie chrétienne de l'expiation et ce n'est pas la plus ancienne, mais elle s'est imposée en Occident.2

Les conciles et papes ultérieurs ne cessent d'ajouter. Le purgatoire est formalisé au XIIIe siècle. L'Immaculée Conception devient une croyance obligatoire pour les catholiques en 1854, l'Assomption en 1950. L'enfer comme lieu de tourment conscient éternel, avec feu et démons, doit bien davantage à l' de Pierre, à la littérature visionnaire médiévale et à Dante qu'aux Évangiles, où la « Géhenne » est une vallée d'ordures brûlées aux abords de Jérusalem, employée comme figure de la destruction.3

Les jointures que l'on n'a jamais poncées

Le Nouveau Testament conserve ses contradictions au grand jour parce que le a été assemblé à partir de documents que nul n'avait le droit de réécrire une fois qu'ils faisaient autorité : le processus du chapitre 6, avec ses coûts.

  • Deux nativités qui ne peuvent être vraies toutes les deux. Chez Matthieu, la famille habite Bethléem ; il y a une étoile, des mages, le massacre d'Hérode et une fuite en Égypte ; or Hérode est mort en 4 av. J.-C. Chez Luc, la famille habite Nazareth, se déplace pour un recensement (le recensement de Quirinius, qui eut lieu en 6 apr. J.-C., soit au moins dix ans plus tard), puis rentre chez elle, sans massacre et sans Égypte. Les généalogies données pour établir la descendance nomment des pères différents pour Joseph et passent par des fils différents de David.
  • Quatre matins différents au tombeau. Le nombre de femmes, le nombre de figures qu'elles rencontrent, ce qui leur est dit, si elles en parlent à quelqu'un, et le lieu des apparitions qui suivent (la Galilée chez Marc et Matthieu, Jérusalem chez Luc) diffèrent d'un récit à l'autre. Et les plus anciens manuscrits de Marc s'achèvent sur les femmes qui s'enfuient terrifiées sans rien dire à personne ; les apparitions du ressuscité à la fin de Marc ont été ajoutées plus tard.
  • Deux éthiques de la Loi incompatibles. Le Jésus de Matthieu dit que pas un trait de la Loi ne passera ; Paul dit que l'homme est justifié indépendamment des œuvres de la Loi. Ce n'est pas une nuance. C'est le combat du chapitre 4, fossilisé dans le même livre.

L'absence décisive

Venons-en à la question centrale. Un lecteur élevé dans une culture post-abolitionniste suppose qu'une religion de l'amour universel doit bien, quelque part, interdire de posséder des êtres humains. Elle ne le fait pas. Les textes ne sont pas évasifs à ce sujet ; ils légifèrent pour l'esclavage.

La Loi réglemente l'esclavage et le rend héréditaire. Lévitique 25 établit une distinction explicite : un Israélite tombé en servitude pour dettes doit être traité comme un salarié et libéré, « mais quant à vos esclaves, hommes et femmes, que vous pourrez avoir — vous pourrez acheter des esclaves, hommes et femmes, parmi les nations qui vous entourent ». Ces esclaves, poursuit le texte, peuvent être légués à vos enfants comme propriété héritée, à perpétuité. Le chapitre qui contient le jubilé (la grande charte de la remise des dettes) est le même chapitre qui institue l'esclavage-marchandise pour les étrangers. C'est la frontière du chapitre 1 inscrite dans la loi : des obligations à l'intérieur de la communauté morale, des droits de propriété à l'extérieur.4

La Loi met un prix sur le corps de l'esclave. Exode 21 prévoit qu'un homme qui bat son esclave à mort doit être puni, mais que si l'esclave survit un jour ou deux, il n'y a pas de peine, au motif énoncé que l'esclave est l'argent du maître. Ailleurs, le même code expose la cérémonie réservée à l'homme qui choisit de demeurer esclave à perpétuité : on lui perce l'oreille d'un poinçon contre le montant de la porte.

Jésus n'aborde pas la question. On le voit parler constamment de la richesse, et de la dette, de l'impôt, du traitement des pauvres. Sur l'esclavage, rien, et les paraboles utilisent les personnes réduites en esclavage comme un mobilier ordinaire du monde, dont l'une qui décrit la bastonnade d'un serviteur de nombreux coups comme une comparaison naturelle pour le jugement.

Les lettres enjoignent aux esclaves d'obéir. Éphésiens, Colossiens, 1 Timothée, Tite et 1 Pierre contiennent tous des instructions ordonnant aux esclaves d'obéir à leurs maîtres ; 1 Pierre ajoutant que cela vaut pour les maîtres durs comme pour les bienveillants. La lettre de Paul à Philémon concerne un fugitif nommé Onésime, et Paul le renvoie. Il demande à Philémon de le recevoir avec bonté. Il ne lui dit pas de cesser de posséder des êtres humains, et la lettre figure dans le canon précisément parce qu'elle a été lue pendant des siècles comme une autorité justifiant la restitution des fugitifs.5

Le verset le plus souvent cité en sens contraire, 1 Corinthiens 7, 21, est grammaticalement ambigu en grec au point que les traductions se partagent également entre celles qui y voient un conseil donné à l'esclave pouvant obtenir sa liberté de la saisir et celles qui y voient un conseil de demeurer en l'état. Une interdiction qui définirait une civilisation ne peut reposer sur une proposition dont le sens est contesté depuis deux mille ans.

Le reçu · ce que l'Église a réellement enseigné

Concile de Gangres, v. 340 : anathème contre quiconque, sous prétexte de piété, enseigne à un esclave à mépriser son maître, ou à se soustraire à son service plutôt que de servir avec bonne volonté et respect. Il s'agit d'un canon d'un concile de l'Église, dirigé contre des chrétiens qui affranchissaient ou hébergeaient des esclaves.

Augustin, La Cité de Dieu XIX, 15 : l'esclavage n'est pas naturel à l'humanité mais constitue la juste disposition de Dieu dans un monde déchu, et il est dit aux esclaves de servir fidèlement.

Le Saint-Office, 20 juin 1866, sous Pie IX, dans une instruction à un vicaire apostolique confronté à la traite des esclaves en Afrique : l'esclavage lui-même, considéré dans sa nature essentielle, n'est nullement contraire à la loi naturelle et divine, et il n'est pas contraire à la loi divine qu'un esclave soit vendu, acheté, échangé ou donné, pourvu que les conditions requises soient observées. Ce texte a été publié après la guerre de Sécession.

Canon 3 de Gangres ; Augustin, De civitate Dei ; Instruction du Saint-Office, 1866

La comparaison qui tranche

Une objection mérite une réponse directe : peut-être le texte ne légifère-t-il tout simplement pas sur les institutions économiques, et l'absence de l'esclavage relèverait-elle d'un silence général. Il n'en est rien. Les mêmes Écritures interdisent, explicitement et à plusieurs reprises, de prêter de l'argent à intérêt (dans l'Exode, le Lévitique, le Deutéronome, les Psaumes et Ézéchiel), et l'Église médiévale a fait respecter cette interdiction avec sérieux pendant des siècles. Elles interdisent de mêler deux sortes d'étoffes dans un vêtement, d'ensemencer un champ de deux sortes de semences, de manger des coquillages et de se faire tatouer.

Le texte est donc parfaitement capable d'interdire une pratique économique lucrative. Il en a interdit une qui incommodait les prêteurs. Il n'a pas interdit de posséder des êtres humains.

Page de titre de Select Parts of the Holy Bible, for the use of the Negro Slaves, in the British West-India Islands, Londres 1807
« Select Parts of the Holy Bible, for the use of the Negro Slaves, in the British West-India Islands », Londres, 1807. Environ neuf dixièmes de l'Ancien Testament et la moitié du Nouveau ont été retranchés. L'Exode (la libération d'un peuple réduit en esclavage) a disparu. « Esclaves, obéissez à vos maîtres terrestres » demeure. Les éditeurs étaient des missionnaires, et le volume est le témoignage subsistant le plus clair des parties de l'Écriture que les esclavagistes jugeaient utiles.Wikimedia Commons · public domain
Là où ce chapitre se contredit

Des chrétiens ont aussi aboli l'esclavage. La protestation des quakers de Germantown en 1688, Benjamin Lay, John Woolman, la secte de Clapham, Wilberforce, les Églises noires du Sud américain, Frederick Douglass et Sojourner Truth : l'abolition dans le monde anglo-atlantique fut pour une large part un mouvement religieux, et il serait malhonnête de l'omettre.

Mais voyez ce que les abolitionnistes ont dû faire. Ils ne pouvaient invoquer aucune interdiction, puisqu'il n'y en a pas. Ils argumentaient à partir de principes généraux (l'image de Dieu, la règle d'or, l'Exode) face à des adversaires qui pouvaient citer, et citaient, chapitre et verset. Douglass, qui connaissait intimement les deux camps, a lui-même établi la distinction en 1845 : entre le christianisme du Christ et le christianisme du pays où il vivait, qu'il qualifiait de partial et d'hypocrite. Les propriétaires d'esclaves ne lisaient pas mal leur Bible. Les abolitionnistes la lisaient à rebrousse-poil, et remportaient un débat que le texte ne tranchait pas pour eux.

Ce qui est précisément le propos de ce chapitre. Une Écriture composite dépourvue d'interdiction claire fonctionne comme un miroir : le pouvoir y lit son propre visage. C'est ce qui la rend si utile au pouvoir.

Gravure sur bois abolitionniste représentant un homme réduit en esclavage, agenouillé et enchaîné, avec la devise Am I Not a Man and a Brother ?
L'emblème abolitionniste, à partir des années 1780. Notez la posture retenue par la campagne : à genoux, enchaîné, suppliant. Jusqu'au mouvement pour l'abolition de l'esclavage, on présentait les personnes réduites en esclavage comme des suppliants plutôt que comme des acteurs, habitude mentale qui survivrait intacte à l'abolition et réapparaîtrait dans l'humanitarisme des chapitres 18 et 28.American Anti-Slavery Society · Wikimedia Commons · public domain

Pourquoi l'assemblage importe

Un texte incohérent, sans interdiction ferme portant sur l'atrocité centrale du monde moderne, porté par une institution qui avait passé un millénaire à apprendre à fonctionner comme un bras de l'État : ce n'est pas là une religion qui a échoué à arrêter la traite atlantique. C'est une religion qui n'avait rien en elle pour l'arrêter, et dont l'histoire institutionnelle rendait la coopération naturelle.

Le chapitre 8 montre ce qui s'est produit lorsque les hommes qui réduisaient en esclavage ont eu besoin d'un argument. Ils n'ont pas eu à batailler contre l'Écriture pour l'obtenir. Ils n'ont eu qu'à inventer une seule idée nouvelle, et à la faire bénir.

Notes

  1. Sur les représentations hébraïque et grecque de la mort et de l'au-delà, N. T. Wright, The Resurrection of the Son of God (Minneapolis: Fortress, 2003), ch. 2–4 : un chercheur conservateur qui fait le même constat historique. Sur Philon et le Logos, David T. Runia, Philo in Early Christian Literature (Assen: Van Gorcum, 1993). ↩
  2. Anselme de Cantorbéry, Cur Deus Homo (1098). Sur son contexte féodal, R. W. Southern, Saint Anselm: A Portrait in a Landscape (Cambridge, 1990), p. 197–227. ↩
  3. Alan E. Bernstein, The Formation of Hell (Ithaca: Cornell University Press, 1993). Sur le purgatoire, Jacques Le Goff, The Birth of Purgatory (Chicago: University of Chicago Press, 1984). ↩
  4. Lévitique 25, 39–46 ; Exode 21, 2–6 et 20–21 ; Deutéronome 15, 12–17. Pour un traitement savant du droit biblique de l'esclavage dans son contexte proche-oriental ancien, voir Catherine Hezser, Jewish Slavery in Antiquity (Oxford: Oxford University Press, 2005). ↩
  5. Sur l'histoire de la réception de Philémon comme texte pro-esclavagiste, voir John Byron, Recent Research on Paul and Slavery (Sheffield: Sheffield Phoenix, 2008). Sur le dossier plus large, Jennifer A. Glancy, Slavery in Early Christianity (Oxford: Oxford University Press, 2002), et David Brion Davis, The Problem of Slavery in Western Culture (Ithaca: Cornell University Press, 1966). ↩
Personnages

Qui était impliqué

  1. Figures

    Philo of Alexandria

    c. 20 BCE – c. 50 CE Hellenistic Jewish philosopher

    Athens and Jerusalem, spliced

    He had been using Logos as a technical term for decades before the opening of John’s gospel identified Christ with it. That is the seam: an apocalyptic Judaean frame fitted to a Greek metaphysics that does not match it. Most Christians hold, simultaneously and without noticing, a Platonic immortal soul and a Jewish bodily resurrection, two different answers to the same question.

    Runia, Philo in Early Christian Literature (1993)

  2. Figures

    Anselm of Canterbury

    c. 1033 – 1109 Archbishop; theologian of the atonement

    The cross as a debt of honour

    Cur Deus Homo explains the crucifixion as satisfaction of an infinite debt of honour owed to an offended lord. It reads exactly like what it is: a feudal transaction, written by an archbishop in a society organised around honour, vassalage and compensation. It is neither the oldest Christian theory of the atonement nor the only one, and it took over the West so completely that most Western Christians assume it is simply what the cross means.

    Southern, Saint Anselm (1990)

  3. Figures

    Desiderius Erasmus

    c. 1466 – 1536 Humanist; editor of the Greek New Testament

    The text, back to its sources

    He left the Johannine comma (the single clearest trinitarian sentence in the Bible) out of his first edition, because it was in no Greek manuscript he had. Under pressure he put it back. From his text it passed into the King James Version and from there into three centuries of doctrine. It appears in no Greek manuscript before the fourteenth century. It is a forgery, and it was the proof text.

  4. Factions

    The Holy Office

    the Supreme Sacred Congregation of the Roman and Universal Inquisition

    1542 – 1965 The Church’s doctrinal tribunal

    The teaching, as it stood

    On 20 June 1866, instructing a vicar apostolic dealing with the slave trade in Africa, it held that slavery considered in its essential nature is not at all contrary to the natural and divine law, and that a slave may lawfully be sold, bought, exchanged or given, provided the required conditions are observed. That was issued a year after Appomattox.

    Instruction of the Holy Office, 1866

  5. Factions

    The Germantown protesters

    1688 Four Quakers with a piece of paper

    Against the grain of the text

    The first known written protest against slavery in the English colonies of North America. It was forwarded up the Quaker hierarchy and quietly shelved. What the abolitionists who followed had to do is the point: they could not cite a prohibition, because there is none, so they argued from general principles against opponents who could quote chapter and verse.

  6. Figures

    Frederick Douglass

    c. 1818 – 1895 Abolitionist; formerly enslaved

    Reading scripture against the grain

    He knew both sides of the argument intimately, and in 1845 he drew the distinction himself: between the Christianity of Christ and the Christianity of the land he lived in, which he called partial and hypocritical. That is the honest description of the abolitionist position. Slaveholders were not misreading their Bibles; abolitionists were reading them against the grain, and winning an argument the text did not settle for them.

    Douglass, Narrative of the Life of Frederick Douglass (1845)

  7. Figures

    Pius IX

    1792 – 1878 Pope, 1846–1878

    The deposit of faith, and papal authority

    He defined the Immaculate Conception as required belief in 1854 and presided over the definition of papal infallibility in 1870, the object still being assembled, eighteen centuries in. The 1866 instruction on slavery went out under his authority. What a religion adds and what it declines to add are both decisions, and both are dated.

rwandafacts Une chronique savante, sourcée.
Le contenu est annoté ; les corrections sont les bienvenues.